Le Grand Tour

Musique sans frontières pour un tout nouveau festival

“Il y a tant de musique à découvrir dans notre région” ces mots-là Joachim Wannyn va les réitérer tout au long de notre conversation qui se déroule au Limoniet à Orroir, au presque sommet du Mont de l’Enclus.” Ce musicien et organisateur est l’initiateur d’un tout nouveau festival qui se tiendra à Courtrai en juin 2019.

Autour d’un verre avec Joachim Wannyn à Orroir

Pour le coup d’envoi de notre Grand Tour, Joachim se trouve le premier sur notre liste d’interviews. “ Je vous emmène dans mon bistrot préféré au sommet d’une colline, un lieu d’ici, un endroit de brassage transfrontalier”, nous lance-t-il avec un clin d’oeil. À dix mètres en dessous des 141 mètres de haut du Mont de l’Enclus. À quelques mètres de la frontière linguistique, de la frontière entre la Flandre et la Wallonie. Au comptoir du bar: pas de frontière, mais une assemblé haute en couleur, francophones et néerlandophones confondus.

Live on the roof

Joachim est coordinateur à la Maison des Jeunes Krak et est coorganisateur du festival de l’accordéon d’Avelgem. “ Il y a un circuit pour ce genre de festival. Depuis sa création c’est devenu un vaste réseau qui s’étend de Lille à bruges en passant par Roubaix et Tournai. Ces nombreux musiciens et organisateurs m’ont inspiré à créer un nouveau festival.” Musicien dans plusieurs collectifs, il est vrai que Joachim connaît sur le bout des doigts le monde de la musique dans la région frontalière.

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La nouvelle initiative porte le nom de “Borderland festival” et combine musique contemporaine et traditionnelle. “ Nous travaillons avec des artistes qui montent, des groupes porteurs de messages, qui n’hésitent pas à s’engager. L’engagement est pour moi le fil conducteur dans mon travail: la musique et l’engagement. Arriver à les combiner avec des éléments traditionnels, voilà ce qui me tient à coeur.” Joachim travaille pour Borderland festival avec Young Partners in Art (Gand) et Illo Tempore (Lille). Bolwerk à Courtrai s’occupe du site et de l’encadrement. “ Non seulement le weekend du festival nous importe, mais également le réseau durable qui se créera entre la Belgique et la France. Il y a tant de musique à découvrir dans la région.”

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“Il y a tellement à faire ici”

Au comptoir du bar Limoniet les clients acquiescent les propos. Au fût, on tire de la Stella ou de la Jupiler, au choix. “C’est simple”, nous explique un client qui vient d’arriver, “ Si tu restes dans ta langue et que tu t’isoles en habitant ici, tu ne verras que la moitié des possibilités. Mais si tu t’ouvres aux autres et que tu parles avec tout le monde, alors, tu auras toutes les possibilités.”
C’est exactement ce que Joachim a fait. “J’ai grandi à Avelgem et j’ai habité à Gand avant de m’installer à Orroir. À aucun moment je n’ai regretté cette décision. En m’installant ici je me disais qu’il n’y aurait pas grand chose à faire, je me suis trompé. Il y a tant à faire ici! Même si on est éloigné des villes, on ne le ressent pas comme tel en vivant ici.”

À travers les mailles des cartes

“Il faut bien faire quelques efforts, mais ça paie!” nous confie Marnix Verstraeten qui se joint à nous. Gantois d’origine, il est depuis peu échevin du tourisme, des commerces, de la culture et des sports et loisirs au Mont de l’Enclus. “Qui fait preuve d’initiative, avance.” L’exemple du W-Festival qui a attiré des milliers de festivaliers à Amougies est pointé. Ainsi que la Maison des Randonneurs qui se trouve en face du café Limoniet. “Allez-y! Faites-y un saut!” nous convie-t-til.

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Au zinc Marnix se révèle promoteur et conteur d’histoires de sa commune. Il nous conte les caprices de la ligne de frontière, la tour au sommet du Mont de l’Enclus qui se trouve en territoire wallon et le café adjacent qui se trouve lui en territoire flamand, les terrains à bâtir meilleur marché dans sa commune. “ Plus pour longtemps. Beaucoup de Flamands ont trouvé le chemin vers notre commune.” L’absence d’indicateur routier vers le Mont de l’Enclus au pont pour cycliste le long de l’Escaut. L’absence de la localité sur les cartes pédestres. “Une carte pédestre flamande. Ou wallonne. Dans les deux cas on passe à travers les mailles du filet en passant la frontière. Comme si le monde s’arrêtait à la frontière linguistique. Alors qu’il y a tant de belles balades à faire dans le coin. Il faudrait des cartes où la région soit présentée comme une seule entité.”

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Comme prédit par Joachim, les tournées s’enchaînent dans une bonne ambiance au Limoniet. Avant de quitter Orroir nous passons voir le ‘cas de frontière’ près de la tour. Le soleil d’été brille à travers les feuilles des arbres, les coureurs cyclistes halètent en grimpant le mont. “ Dites, ne nous comparer pas au Rodeberg” nous avait-on demandé d’un air vexé au comptoir du bar, “ Ici, au Mont de l’Enclus c’est beaucoup plus calme”. En cette soirée d’été nous ne pouvons qu’adhérer aux dires du bar.

Texte: Bart Noels
Photos: Lukas NoelsLogosMicroProjet_EM NEWS XL