Le Grand Tour

BlueWalks : BlueWalks : promenades et drones le Parc bleu

Dans la région frontalière, les endroits situés le long de l’eau où il est agréable de se promener se comptent par dizaines. Avec le projet BlueWalks, l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai veut leur donner de la visibilité et les rendre plus accessibles. Du printemps à l’automne, il est possible de participer à l’une des nombreuses promenades dans le Parc bleu. Il s’agit de la zone ininterrompue d’eau et d’espaces verts qui s’étend de part et d’autre de la région frontalière. « Nous avons d’énormes richesses à portée de main », affirme Catherine Christiaens, cheffe de projet. Eurometropolis News a eu le privilège de figurer dans le film promotionnel des BlueWalks.

Je me tiens sur le Collegebrug qui enjambe la Lys à Courtrai. Derrière moi, un nouvel immeuble à appartements miroite sous le soleil printanier. Assises dans l’herbe sur les berges de la rivière, des filles bavardent. Une famille passe à vélo. J’ai l’air détendu, du moins en apparence, mais derrière moi, un drone bourdonne furieusement. Son pilote se trouve à une centaine de mètres de là, hors de vue. Il fait s’élever le drone dans le ciel en longeant ma tête. Avec son objectif haute définition, le drone capture à plusieurs dizaines de mètres d’altitude l’Albertpark et le Groeningebrug, le confluent de la Lys et du canal Bossuit-Courtrai. Les travaux de la Lys et l’aménagement urbain ingénieux ont fait de cet endroit la nouvelle image emblématique de Courtrai.

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Figurant d’un jour

Vingt-quatre heures plus tôt. « Si figurer dans une vidéo sur les BlueWalks m’intéresse ? Demain, d’accord. OK, je porterai des vêtements colorés. » Mon agenda est conciliant et mes chaussures de marche ne sont heureusement jamais loin. Trouver des habits colorés est un tantinet plus compliqué. Quand je pars pour Dottignies le jour des enregistrements, j’emporte finalement un pull bleu et une veste rouge. N.B. En fin de compte, le cameraman choisira le pull bleu. Je trouvais aussi le rouge un peu vif.

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Le lieu de rendez-vous est le pont surplombant le canal de l’Espierres, qui relie l’Escaut à Roubaix. La rue du Château d’eau, entre Estaimpuis et Saint-Léger. Dries, le cameraman, et Helena, la réalisatrice, sont déjà là. Dries vient d’effectuer un vol avec son drone, avec lequel il a filmé le bleu de l’eau et la rangée d’arbres caractéristique. Le canal de l’Espierres – qui prend le nom de canal de Roubaix passée la frontière française – a été creusé au xixe siècle. En plein essor, l’industrie textile de Roubaix et de Tourcoing avait besoin d’eau pour le refroidissement, pour que les entreprises puissent tourner à plein régime, pour exporter des marchandises vers Gand et Dunkerque, et pour acheminer le charbon du Hainaut et du Bassin minier. Pour répondre à tous ces besoins, un canal était la solution idéale. Le canal de Roubaix surmonte la différence de hauteur entre la vallée de la Marque et l’Escaut.

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« Dans la vidéo, nous voulons montrer à quel point il est agréable de marcher le long de l’eau, comme l’eau peut être belle dans cette région », explique Helena. J’ai pour mission de marcher, de m’asseoir sur une passerelle en bois, les pieds dans l’eau. Toute ma bouteille d’eau y passe : prise après prise, je bois systématiquement quelques gorgées. Je veille à ce que le logo d’Eurometropolis News soit bien visible sur la bouteille. Un geste commercial, certes, mais toute attention accordée à notre projet bénévole d’information est toujours bonne à prendre !

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À la recherche d’une artère verte

Après quelques heures de tournage le long du canal, nous nous mettons à la recherche d’un « ruisseau qui traverse le paysage verdoyant ». J’explique à Helena que le Parc bleu est en partie une réalité et en partie une ambition. Il est vrai que l’eau relie les zones frontalières de trois régions. L’eau et les espaces verts sont indissociables du paysage et constituent indéniablement un atout qu’il convient de développer davantage. Et c’est à bien ça le mot clé : développer. En effet, s’il existe bel et bien des endroits où « un ruisseau traverse le paysage verdoyant », en particulier dans le Westhoek ou dans la verte Wallonie picarde, les zones naturelles de l’Eurométropole sont aujourd’hui encore trop rares, trop dispersées et trop peu reliées entre elles. Dans la région frontalière, les points de vue où aucun bâtiment, aucune route ni aucune intervention humaine n’est visible à l’horizon sont en outre une denrée rare. « Mais il nous faut tout de même cette image », glisse Helena tout sourire. Les grandes zones naturelles que je connais sont trop éloignées et le temps est limité.

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Après un coup de téléphone à l’expert nature de l’Intercommunale Leiedal, nous prenons la voiture direction Espierres, un petit village de Flandre. « Vous trouverez une artère verte près de la place Robecyn », me dit Stefaan, qui connaît la région comme sa poche. En arrivant sur la place, je demande à quelques dames qui attendent le bus où se trouve l’espace vert. « Aucune idée », me répondent-elles. Je remarque peu après qu’elles n’avaient pas bien regardé. Et aussi, qu’on n’aime que ce qu’on connaît. Quelques mètres plus loin, nous découvrons une vue superbe sur un espace vert qui s’étend entre le Spierebeek et les maisons. Avec un bon cadrage, nous obtenons ici une image de la nature. Le ruisseau, lui, est un peu sale. Bien que les photos paraissent initialement d’un vert éclatant, dignes d’un paysage alpin insoupçonné, les images ne sont finalement pas incluses dans le montage définitif du film promotionnel.

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« Sensibiliser aux possibilités offertes par le parc ».

Le lendemain, Catherine Christiaens me demande comment j’avais vécu cette journée. Moi : « C’était génial ! Le soleil brillait, les vidéastes étaient bien sympathiques et ç’a été l’occasion de présenter quelques endroits. » Or, c’est précisément ce que Catherine a en tête avec les BlueWalks. « Il nous paraît très important de faire découvrir la région des deux côtés de la frontière. Tout est très proche, mais nous constatons néanmoins bien trop souvent que nous ne connaissons pas les jolis petits coins des régions voisines. Nous voulons également faire prendre conscience aux gens des nombreux défis et dangers qui existent sur notre territoire. »

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Catherine travaille à plein temps au Parc bleu. « J’habite à Menin et j’ai grandi à Lauwe, une section de cette ville. Avec les scouts, nous allions souvent nous promener le long de la Lys et même sur l’eau. Je me souviens de la réalisation du bras mort de Lys à hauteur du pont entre Wevelgem et Bissegem sur lequel nous réalisions des descentes légendaires sur des radeaux de fortune.
Tous les jours et par tous les temps, j’allais à l’école de Menin à vélo en longeant la Lys. Une fois, j’ai failli être emportée par la Lys en crue. Aujourd’hui, je cours souvent le long de la rivière et j’y roule parfois à vélo avec les enfants. J’attends aussi avec impatience la métamorphose que subira ma ville pendant et après les travaux de la Lys. Je veux continuer à découvrir ce beau parc. J’espère que les gens adopteront le Parc bleu, comme s’il leur appartenait. Le parc existe et c’est à l’Eurométropole d’en faire un incontournable de la région. Nous y parviendrons en collaboration avec nos partenaires, de nombreuses organisations et les habitants. »

Les BlueWalks ont lieu cette année du printemps à la fin de l’été. « J’espère que cela donnera envie aux gens de revenir, que cela les incitera à explorer davantage le Parc bleu », conclut Catherine.

 

Bart Noels

PS: le vidéo est ici. Et l’équipe ici:

 

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