Le Grand Tour

408km – étape 4 : Enghien – Rumes

À la fin du Grand Tour, nous suivons la ligne frontalière de l'Eurométropole, une escapade de 408 kilomètres. D’Armentières à Ruiselede, d’Enghien à La Bassée, à la recherche des histoires nées dans la périphérie de notre région frontalière. Pour cette quatrième étape, nous traverserons le sud de la Wallonie picarde jusqu’à la frontière franco-belge.

Tournée générale (1)

Edingen ou Enghien

Depuis la traversée de l’Escaut à Amougies, nous nous trouvons en territoire francophone. Pourtant sur le chemin, nous rencontrons à Flobecq (Vloesberg) ainsi qu’à Enghien (Edingen) des panneaux bilingues mentionnant également le nom de la commune en flamand. Il s’agit en effet de communes à facilités. Il a été conclu dans les accords relatifs à la frontière linguistique en Belgique (1963) qu’un certain nombre de communes situées à la frontière flamande-wallonne doivent également pouvoir s’adresser aux habitants dans l’autre langue nationale. L’Eurométropole compte de nombreuses communes à facilités : Mesen (Messines), Spiere-Helkijn (Espierres-Helchin), Enghien (Edingen), Comines-Warneton (Komen-Waasten), Mouscron (Moeskroen) et Flobecq (Vloesberg).

Les lignes à travers la région

Tôt dans la matinée, nous passons par deux axes routiers importants, la E429 et la ligne à grande vitesse Lille-Bruxelles. La E429 ou A8 est le résultat de nombreuses années d’étude et de lobbying. L’autoroute était déjà prévue dans le programme autoroutier de 1960. Une autoroute de Bruxelles à Lille en passant par Tournai devait désenclaver la Wallonie picarde. Le tracé a mené à de nombreuses discussions. Finalement, la première partie de la E429 n’est ouverte qu’en 1978. Dans la décennie suivante, des tronçons d’autoroute sont construits progressivement et ce n’est qu’en avril 2000 que la E429 est achevée.

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La ligne à grande vitesse a une histoire similaire à celle-ci. Au lancement de l’Eurostar en 1994, la ligne à grande vitesse n’était pas encore en service. Les trains Eurostar roulaient entre Lille-Europe et Bruxelles sur les voies ferrées ordinaires. Ce n’est qu’en 1997 que la ligne est entièrement prête. La Wallonie picarde ne peut pas en profiter, car aucun arrêt n’est prévu sur son territoire. Jusqu’à ce jour, la demande d’installer un arrêt revient encore régulièrement.

Château d’Attre

En ces premières journées froides d’automne, le château d’Attre resplendit. Datant de 1752, ce dernier a été construit dans le style classique français. La Dendre court à travers le parc du château. Un peu plus loin se trouve le célèbre zoo de Pairi Daiza. Ce parc se situe sur l’ancien domaine de l’abbaye cistercienne de Cambron.

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Chièvres

On pourrait écrire tout un roman sur l’art des ronds-points de l’Eurométropole. À Chièvres, pas d’œuvre artistique au rond-point, mais plutôt un avion à réaction. Ce chasseur renvoie à la base aérienne qui domine le petit village. À l’entrée, je croise de grosses voitures américaines blindées qui partent en trombe, gyrophares allumés. Chièvres se trouve à proximité du Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) à Casteau. La base aérienne de Chièvres a pour tâche principale de transporter les personnes importantes qui y travaillent. Les militaires de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à Evere passent aussi par Chièvres.

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L’aérodrome a été construit par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale ; il s’est retrouvé aux mains des Belges après la guerre pour être à nouveau utilisé par l’occupant au cours de la Seconde Guerre mondiale. À partir de 1944, l’aérodrome a été contrôlé par les Américains, avant de devenir la base des forces aériennes belges en 1947. Depuis 1963, le SHAPE en est le propriétaire et emploie de nombreux Américains sur place. Il est interdit d’y prendre des photos, il faut donc se tenir à une certaine distance de la base pour pouvoir le faire.

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La photo aérienne de Wikimedia montre l’amplitude de la base.

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Château de Beloeil

La commune de Beloeil est le lieu de résidence de la famille de Ligne depuis le quatorzième siècle. Au fil des siècles, la famille a fait du château une variante wallonne de Versailles, avec ses imposants jardins et étangs qui tournent le regard vers la magnifique façade. Le grand étang mesure presqu’un demi-kilomètre de long. Le bâtiment que vous voyez sur la photo n’est qu’une partie de l’original. En décembre 1900, un incendie a ravagé le château. Les années suivantes, le château a été entièrement reconstruit selon les anciens plans.

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Mer de Sable

Sur la carte, cet endroit semble très prometteur : une mer de sable. En me basant sur ce nom intriguant, je quitte la route à Stambruges, en direction de la forêt. Je ne m’attendais pas à ce que cette région eut été par le passé un paysage de bruyère. La « mer de sable » est en réalité un ancien lac qui a été asséché au cours de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Bernissart

J’arrive à l’extrémité sud au point le plus au sud de l’Eurométropole. Bernissart se situe à l’angle extérieur du Borinage, ancienne région minière qui, à son tour, est reliée au Bassin Minier au sud de Lille.

C’est à Bernissart que les miniers ont découvert des restes d’animaux préhistoriques en 1878. Les os de « l’Iguanodon de Bernissart » se trouvaient à une profondeur de 322 mètres. Au début, ils pensaient qu’il s’agissait de roche dure, mais ils observaient en même temps une forte odeur marécageuse. Pas moins de 43 dinosaures gisaient à cet endroit, dont vingt-cinq squelettes quasi complets. L’un d’eux est exposé au musée de l’Iguanodon.

Le Parc naturel des Plaines de l’Escaut

Le Parc naturel des Plaines de l’Escaut est un espace naturel transfrontalier. Il est agréable de s’y promener. Je passe par L’Escale forestière – Bon Secours (Péruwelz), où l’on peut faire une promenade entre les cimes des arbres, à une hauteur de 16 mètres.

Le Grand Large

Le Grand Large, c’est ainsi que se nomme le lac de Péronnes. Un plan d’eau de 45 hectares alimenté par les eaux du canal Nimy-Blaton-Péronnes. Cette voie d’eau remplace le canal Pommerœul-Antoing, qui avait été construit pour transporter du charbon vers l’Escaut.

Un peu avant l’embouchure de l’Escaut, un dénivelé de 18,10 m est compensé par deux écluses. Fasciné, je regarde un bateau de plaisance néerlandais baisser de presque six mètres dans l’immense écluse.

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Il est agréable de faire du vélo dans cette région traversée par des cours d’eau. Faites une balade le long des réseaux à points-nœuds de la Wallonie picarde et traversez la frontière en direction de Mortagne-du-Nord et de Flines-lès-Mortagne (FR). Une escapade d’environ 30 kilomètres le long de petits villages, de paysages verts et surtout : le long de l’eau. Du Grand Large à l’Escaut, la confluence avec la rivière Scarpe jusqu’aux canaux qui traversent le Hainaut.

Les châteaux d’eau

408 km de route. Les souvenirs s’accumulent et commencent à former des séries dans ma tête : les ronds-points décorés d’art, les variantes de ralentisseurs ou encore les châteaux d’eau ; celui de Taintignies à Rumes et celui d’Enghien, désormais loin derrière. Audacieux et sphériques.

Rumes

Mes derniers kilomètres en Wallonie picarde me font passer par les communes agricoles au sud de Tournai. Il y fait calme et paisible. Au loin, on peut apercevoir l’effervescence de la métropole Lilloise.

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Faites connaissance avec Jelle Jacobs. Vous le trouverez dans un petit coin de paradis à Rumes, plus précisément La Glanerie, juste à la frontière. Depuis 2015, il met son jardin à la disposition des cueilleurs, et son magasin au service de clients sensibilisés à la durabilité ainsi qu’à une alimentation saine et équilibrée. Bienvenue au Pic Vert !

 

Pour la dernière étape, nous traverserons à nouveau la frontière franco-belge et ferons un voyage à travers le sud et l’ouest de la métropole lilloise. Et nous nous envolerons !